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11 juin 2017

La Faucheuse - Tome 1


















Couverture :
J'ai du mal à apprécier cette couverture. Sans être désagréable à regarder elle ne m'incitait vraiment pas à aller vers ce livre. Je la trouve terne et pas bien inspirée. C'est dommage parce que j'ai beaucoup aimé cette lecture ! Une preuve de plus qu'il ne faut pas juger un livre à sa couverture !

Résumé :
Tu tueras.
Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation.Tu accorderas une année d'immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue.Tu tueras la famille de ceux qui t'ont résisté.

Avis :
J'ai acheté La Faucheuse dans le cadre du club des Hiboux organisé par Saefiel, et honnêtement, j'ai commencé cette lecture un peu à reculons. Le résumé du livre ne me tentait pas plus que ça... Mais j'ai eu une très bonne surprise !

Après seulement quelques dizaines de pages, j'ai été prise dans l'intrigue non seulement parce que le style de l'auteur est très accrocheur, mais aussi parce que l'histoire démarre très vite en nous plongeant immédiatement dans l'univers et dans les aventures de Citra et Rowan.

Le lecteur est ainsi face à un monde où la mort n'existe presque plus et où la population humaine n'est régulée que grâce aux Faucheurs. J'avais peur que la description de l'univers s'arrête plus ou moins là, mais l'auteur a fait un travail de construction qui m'a vraiment plu. Il a pensé aux conséquences sur l'humanité, le rapport au temps et à la vie elle-même qui change, aux contraintes techniques et médicales... Et bien sûr, il explore également certains aspects moraux ou psychologiques d'un monde ainsi fait. J'ai beaucoup apprécié de découvrir un univers aussi fouillé, bien pensé et intelligent. Cela donne une vraie profondeur au récit et aux personnages.

En effet, l'intrigue traite bien souvent de l'intérêt, de la nécessité d'avoir un sens moral lorsqu'on est un Faucheur. L'auteur explore ainsi différentes façons d'exercer cette fonction en montrant par exemple comment les apprentis vont développer leur propre interprétation de ce rôle. Cela se transcrit jusque dans les pseudonymes tirés de grands scientifiques, philosophes ou personnalités politiques que les Faucheurs utilisent. Grâce à tout ceci, j'ai eu l'impression d'un univers vraiment dense et cohérent, très intéressant à observer depuis mon point de vue de lecteur. L'auteur joue, même, avec l'absence de mort réelle : il se sert de cette particularité pour faire avancer son intrigue ou simplement pour jouer sur le spectaculaire. En contrepartie, La Faucheuse est un roman jeunesse qui se montre sans doute plus violent et sans pitié que d'autres livres adressés à la jeunesse. La mort omniprésente d'une façon ou d'une autre y est bien sûr pour quelque chose.

Il me faut aussi mentionner que si cette lecture a été aussi addictive, c'est également grâce au rythme et au découpage des chapitres plutôt malin. En plus d'une alternance entre les points de vue des deux héros, Citra et Rowan, on a également droit à des extraits de journaux personnels rédigés par certains des Faucheurs rencontrés. Cela permet à l'auteur d'étaler un peu plus son univers et la personnalité des personnages d'une façon un peu plus légère que par de longues phases d'exposition. J'ai trouvé cette forme assez intéressante d'autant plus qu'elle permet de mettre un peu plus en avant les conséquences de l'immortalité. Même si les principaux développements de l'intrigue ne m'ont pas toujours surprise tant ils sont plutôt convenus, l'écriture et le découpage efficaces ont largement su me faire croire à cet univers sans que je boude mon plaisir.

En vérité, la seule chose qui m'a vraiment déçu, c'est la personnalité des antagonistes de ce premier tome. Alors que la plupart des autres personnages avaient un minimum de profondeur, j'ai trouvé cette bande de faucheurs extrêmement caricaturale jusque dans leur description : il m'a à peine fallu quelques lignes lors de leur première apparition pour comprendre qu'ils allaient être les principaux adversaires de nos héros. Leurs motivations m'ont semblé extrêmement creuses et très peu recherchées, comme si l'auteur avait soigneusement construit, pensé et peaufiné son univers pour y jeter au dernier moment une bande d'abrutis mégalomanes en guise de méchants très méchants... Leurs méthodes, leurs attitudes... Rien ne m'a vraiment surpris chez eux tant ils tendent à coller à ce poncif. A part peut-être le personnage de Volta, qui se montre un peu plus nuancé et intéressant et apporte un peu d'humanité à ce groupe.

Mais malgré cela, j'ai beaucoup apprécié cette lecture et même si ce premier tome se suffit à lui-même malgré une fin ouverte, je compte lire la suite et pourquoi pas, m'intéresser à d'autres livres de l'auteur puisqu'on m'en a dit le plus grand bien !

Personnage préféré :
J'ai eu un peu de mal à m'attacher à Citra, j'ai préféré Rowan mais c'est surtout les personnages de Maître Faraday et Dame Curie qui m'ont intéressé. C'est surtout grâce à eux qu'on découvre tout l'aspect moral du rôle de faucheur. Ils ont chacun leur façon de l’interpréter et le mettre en œuvre. J'ai trouvé que cela leur donnait de la profondeur et de l'humanité sans même qu'on ne connaisse leur passé. On en apprends un peu sur eux, mais certaines zones d'ombres persistent et j'espère qu'on en apprendra un peu plus dans la suite !


Ce premier tome de La Faucheuse est très addictif et dévoile un univers très riche et bien construit. Le rythme est bien maîtrisé et soutenu. Je me suis volontiers laissé embarquée dans cet univers malgré des antagonistes un peu trop caricaturaux.


23 févr. 2017

Mais je fais quoi du Corps ?










Auteur : Olivier Gay
Editeur : Le Masque
Traduction : -









Couverture :
J’aime un peu moins cette couverture, comparée aux deux précédentes. Elle marque certes le changement d’ambiance sur ce tome, mais elle en devient également plus banale, je trouve qu’on n’y retrouve pas le côté “charmeur” des deux premières. Et ce bandeau rouge affreux, au secours !!

Avis :
J’étais persuadée d’avoir déjà écrit et publié cette chronique il y a des mois… Et pourtant, je ne l’avais pas fait ! C’est donc un peu honteusement que je rassemble mes souvenirs pour ce troisième épisode des aventures de Fitz.

On est ici face à un épisode qui se démarque des deux précédents, non pas dans le ton mais dans le rythme. Ce troisième volet des aventures de Fitz est le plus haletant, celui où les enjeux sont les plus élevés puisqu’on parle bel et bien de la vie du héros ! L’intrigue de l’ampleur en sortant du milieu de la nuit parisienne pour s’intéresser à la politique et aux  et la façon dont s’enchaînent les rebondissements me font penser à un film hollywoodien, et je suis restée scotchée au livre comme je l’aurais été devant un (bon) film. On navigue entre complots et révélations à une vitesse folle et jusqu’au dernier moment on se demande comment les héros vont s’en sortir !

J’ai aussi apprécié de découvrir Moussa et Deborah sous un autre jour : impliqué dans cette grosse affaire au même titre que Fitz, les moments de tension entre eux permettent de mettre leurs liens à l’épreuve et de les découvrir autrement, un peu plus en profondeur. C’est un point qui me plaît dans cette série : même si ce sont des livres rapides à lire , les personnages et leurs relations sont très bien décrits.

Si ce troisième volet se démarque deux premiers, c’est également en raison de l’atmosphère que dégage ce tome. Je le disais un peu plus haut, on s’éloigne de l’univers contrasté et coloré des nuits parisiennes, on rejoint un autre monde tout aussi hostile : celui de la politique et des complots, contrats et tueurs à gages. Le danger guette littéralement à chaque coins de rue. Pourtant, même en cavale, Fitz et sa bande ne manquent pas de ressource, et c’est leur audace qui va payer pour un final très surprenant ! Loin d’avoir moult explosions, on a droit à un face à face tout en tension dans un lieu… Relativement surprenant. Un décalage qui cadre d'ailleurs plutôt bien avec le ton général, un peu décalé, de cette saga.

En effet, si les aventures de Fitz fonctionnent aussi bien, c’est en grande partie grâce à l’humour et l’autodérision du héros. Et même dans un tome aussi tendu que celui-là, je me suis amusée grâce la plume de l’auteur qui sait si bien mêler humour et aventure. Au final, j’ai ouvert ce livre pour ne pas le reposer et j’ai vraiment passé un bon moment de détente.

Personnage préféré :

Fitz est toujours aussi efficace comme anti-héros pourtant si attachant ! Dos au mur, il va même devoir se trouver un minimum de courage pour affronter ceux qui sont à ses trousses. Mais au fond, il ne change pas et malgré les bouleversements de cet épisode, j’ai retrouvé le personnage drôle et froussard que j’ai appris à apprécier.




Ce qui fait l’intérêt des aventures de Fitz, c’est le mélange d’humour et d’aventure que l’auteur propose. Il sait très bien mêler les genres pour proposer un divertissement efficace et j’ai passé un bon moment.




8 janv. 2017

Les deux affaires Grégory







Auteur : Col. Etienne Sesmat
Editeur : Pocket
Traduction : -










Avis :
C’est une lecture si loin de ma zone de confort habituelle que je sais à peine par où commencer. En fait, j’ai lu ce livre un peu par hasard, mais ce fut l’occasion d’en apprendre plus sur une affaire que je n’ai pas connue dans le détail.

L’auteur résume plutôt bien els évènements et j’ai trouvé que son point de vue était très intéressant. En effet, le colonel Sesmat était au coeur de l’enquête et livre ici un témoignage très instructif. C’est l’occasion de voir et de comprendre le déroulement d’une enquête, d’observer le fonctionnement - et le dysfonctionnement ! - du système judiciaire. C’est un éclairage nouveau pour moi, qui a l’avantage de se concentrer sur des faits et des documents présentés en annexe. On sent que le témoignage de l’auteur est sérieux et étayé.

Bien sûr, on sent également que le colonel Sesmat est très impliqué dans son récit, que ce texte est aussi une sorte de règlement de compte avec les médias et certains journalistes en particulier. Cependant, son attachement aux faits et la rigueur avec laquelle il s’exprime permet à son propos de rester toujours relativement objectif. Il apporte également une vision très intéressante du le rôle des journalistes dans une enquête de cette envergure, en particulier sur le mal qu’ils peuvent faire. En gardant à l’esprit que les choses ont changé depuis cette époque, cela permet de comprendre à quel point la vision des enquêteurs et celle des journalistes ( et donc du public ) peuvent être différentes. On se rend compte à quel point l’ego d’un juge avide d’interviews peut entraver l’enquête ! Le point du vue du colonel Sesmat est un témoignage extrêmement intéressant sur la façon dont les choses ont dégénéré.

Ce que je retiens de cette lecture, c’est surtout d’en avoir beaucoup appris : sur cette affaire que je connaissais très peu, sur le fonctionnement du système judiciaire et sur le rôle et l’influence des acteurs dans ce type d’enquête. Cette lecture a été plus qu’un témoignage car elle m’a apporté de nouveaux éléments pour réfléchir et prendre du recul sur ce qui est montré au public. Il est important de toujours garder son sens critique, de recouper les sources, chercher les faits et de ne pas céder à l’émotion facile. C’était vrai dans les années 80 et c’est toujours vrai maintenant, que l’on parle d’affaires criminelles ou d’autres sujets.



En plus  d’être un “droit de réponse” aux critiques qu’il a reçu à l’époque, l’auteur présente ici un récit très complet et informatif sur une enquête marquante. J’en retiens également un éclairage nouveau sur le monde judiciaire et un bon moyen de prendre du recul sur le rôle de la justice et des médias dans ce type d’affaire.

28 déc. 2016

Les Arpenteurs de Rêve - Tome 1 : Chimère Captive








Auteur : Mathieu Rivero
Editeur : Les Moutons Electrisques
Traduction : -








Couverture :
Je crois que c’est bien la première fois que des couleurs aussi fluo me plaisent autant. Loin de piquer les yeux, je trouve que ces couleurs et le design épuré laissent imaginer un univers intéressant. Ca tape dans l’œil, en tout cas !

Résumé :
Fraîchement débarquée à Lyon pour ses études, Céleste regrette le climat d'outre-mer et la vie avec son père. Mais les choses commencent à changer le jour où elle découvre qu'elle peut naviguer dans les rêves des autres et les modifier, à l'instar de ses nouveaux colocataires. Si vous pouviez changer les rêves d'autrui, le feriez-vous ? Si vous découvriez un songe qui n'appartient à personne, le visiteriez-vous ? Et comment réagiriez-vous si vous viviez tout cela... dans la peau d'un gros labrador ? Le pouvoir sur les rêves ! Une superbe fantasy urbaine. Premier tome de la trilogie des Arpenteurs de rêves.

Avis :
Si on m’avait dit que j’apprécierais autant un livre où tout les personnages passent la majorité de leur temps à dormir…!

Et pour ça, on peut remercier l’univers de l’auteur : Dès les premières lignes, il nous embarque dans son univers magique, construit tout autour des rêves, du sommeil et de la façon dont ils interagissent avec le monde “réel”. Il y a apporté ses règles et ses créatures, le tout enrobé dans une bonne dose de mystère. J’ai été immédiatement émerveillée par le “monde des rêves”, les descriptions riches en couleurs qui m’ont permis de l’imaginer avec une précision rare. Le tout est très graphique et coloré, faisant vraiment vivre l’univers et les personnages. Même la ville de Lyon où se déroule l’histoire (et que je ne connais pas autrement que par sa gare SNCF… Oups ?) m’a semblé soudain bien plus tangible. Pour un livre de moins de 200 pages, je suis impressionnée par la vie que l’auteur a su insuffler à son texte en si peu de temps. Ce sont vraiment les détails lâchés ici et là, au détour d’une phrase ou d’un paragraphe, qui permettent ce tour de force.

C’est aussi par ces détails que les personnages trouvent toute leur force, leur personnalité et leur diversité : Céleste et sa bande de potes m’ont rappelé mon arrivée en faculté, ma propre collocation… Bref, ces “détails” qui ont résonné avec ma propre expérience m’ont vraiment aidé à m’attacher à eux et à la dynamique de leur groupe. Je tenais également à mentionner la diversité des personnages : Céleste est une métisse originaire d’outre-mer, Keo est asiatique, “Clou” (j’aime ce surnom, pardon) est handicapé… Une variété bienvenue et carrément rafraîchissante !

Malheureusement, mon bel enthousiasme a légèrement été douché par un antagoniste caricatural de type “vilain scientifique très vilain”. C’est du réchauffé, et c’est vraiment dommage. J’espère qu’il montrera un peu plus d’originalité par la suite, car il ne m’a pas convaincue pour l’instant.

J’ai également trouvé que la seconde partie du roman était un petit peu plus confuse (peut-être à cause des points de vue narratifs multiples ? C’est un exercice qui peut être difficile, mais qui reste intéressant à lire), et la conclusion m’a laissé un peu perplexe. Entre ça, et certaines réactions des personnages que j’ai peiné à comprendre, je suis un peu restée sur ma fin une fois le livre terminé.

J’ai donc un sentiment un peu plus mitigé sur la seconde partie du roman mais l’univers et la plume riches de Mathieu Rivero ont su me convaincre et m’embarquer dans son univers sans que je ne me pose plus de question ! Alors faisons fi des quelques petits soucis, et vivement la suite.

Personnage préféré :
Je me suis plutôt identifiée à Céleste, grâce à son enthousiasme pour sa nouvelle vie d’étudiante, la découverte de la fac, de la collocation… Forcément, puisque j’ai vécu à peu près la même chose ! J’ai aimé son enthousiasme et sa motivation qui l’ont rendue très attachante à mes yeux. Comme je l'ai dit plus haut, c'est vraiment par les détails que se fait la caractérisation des personnages et qui m'a permis de m'attacher à eux.


Même si la deuxième partie du roman et la personnalité du méchant m’ont un peu moins plu, j’ai vraiment adoré l’univers mis en place par Mathieu Rivero ainsi que sa capacité à faire vivre ses personnages et son monde. J’ai plongé dedans sans me poser plus de questions, mon émerveillement a fait le reste !

__________

J'ai lu ce livre dans le cadre du "Livre Voyageur" organisé par Saefiel. Et en plus de ça, j'ai eu la chance de rencontrer l'auteur au salon de la littérature et de la presse jeunesse de Montreuil !

Retrouvez ici les autres chroniques des participants au Livre Voyageur !

17 nov. 2016

Les Mannequins ne sont pas des Filles Modèles








Auteur : Olivier Gay
Editeur : Le Masque
Traduction : -









Couverture :
On pourrait se demander si c’est vraiment la couverture d’un roman policier ! J’aime bien cette esthétique “glamour” qui sied très bien à l’univers du roman. C’est beau et ça attire l’œil : C’est efficace.

Résumé :
Fitz, Deborah et Moussah forment un inséparable trio de noctambules parisiens. Et voilà Moussah en couple et amoureux. D’une mannequin, pour couronner le tout. Mais la superbe Cerise disparaît du jour au lendemain, à l’aube d’un concours qui aurait pu changer sa vie. A-t-elle décidé de tout plaquer sur un coup de tête ? À la demande de Moussah, Fitz enfile le manteau d’enquêteur qui lui va si mal. Bien sûr, les autres participantes ont tout intérêt à éliminer Cerise, grande favorite de la compétition. Mais est-il possible que ces créatures de rêve se transforment en criminelles pour parvenir à leurs fins ? Fitz a pourtant toujours eu un faible pour les filles modèles…

Avis :
J’avais beaucoup aimé le premier tome des aventures de Fitz et c’est non sans joie que j’ai attaqué ce deuxième tome.

J’ai été agréablement surprise de voir que l’univers lui-même se renouvelait sans se départir de son ambiance rappelant Las Vegas. Paillettes, drogue et alcool sont toujours présents dans le Paris d’Olivier Gay, mais cette fois on découvre également l’univers des mannequins et des podiums de mode. C’est un monde cruel et plein de faux semblants, un parfait terreau pour une histoire stupéfiante. Cette fois, je n'ai pas pu deviner qui était le coupable ! Olivier Gay a su semer assez de fausses pistes pour me leurrer. Ici, on sent qu'il joue avec le lecteur en gardant ses cartes en main... C'est vraiment un plaisir de se faire avoir par une intrigue bien faite comme celle-ci. J'ai également senti que l'auteur préparait bien mieux la suite des aventures de ses personnages en introduisant des éléments d'intrigues qui n'ont pas - pour l'instant - de véritable importance. Cette sensation de continuité motive vraiment à découvrir les tomes suivants : Je veux une réponse à toutes ces questions !!!

Deborah et Moussah tiennent ici une place plus importante dans l’histoire. Les liens d’amitié entre Fitz et eux n’en semblent que plus tangibles et on découvre les héros sous un nouveau jour. Je dirais même que les personnages m’ont, tout au long du roman, semblé plus crédibles et mieux développés que dans le premier tome ! En effet, j’avais beaucoup aimé les "Talons Hauts", mais dans “les Mannequins” j’ai eu l’impression d’une vraie progression dans la construction de l’intrigue et des personnages.  L’histoire m’a bien plus tenue en haleine, les enjeux montent d’un cran et le rythme m’a semblé mieux maîtrisé, l’intrigue plus aboutie et complexe.

Et puis j’ai bien sûr retrouvé tout ce que j’avais aimé dans le premier tome. J’ai déjà mentionné l’ambiance “jet-set” mais il y a encore et surtout l’humour et l’autodérision de Fitz. Ce trait de caractère en fait un anti-héros particulièrement savoureux, attachant et humain. Il fait rire et dédramatise un peu les événements. On aboutit ainsi à un roman avec une ambiance particulière, à la fois haletante mais qui donne le sourire. Un mélange difficile mais bien dosé, me permettant de me plonger dans la lecture et de dévorer le roman en moins de deux !

Personnage préféré :
Entre une fois, la personnalité de Fitz fait la grande force du roman en apportant un peu d’ironie et de cynisme à la fois décapant et rafraîchissant. Mais plus encore, il exprime toute une palette d’émotions et de sentiments parfois honorables et… Parfois moins ! Il est très intéressant de voir son évolution et les conséquences de ce qu’il s’est passé dans le tome précédent. C’est bel et bien son humanité qui en font un personnage si intéressant à suivre et il est difficile de ne pas s’identifier à lui d’une façon ou d’une autre !



Avec un rythme et une intrigue bien mieux maîtrisés, cette suite aux “Talons Hauts” fait fort. On y retrouve également tout ce qui fait la saveur de cet univers, notamment grâce à Fitz. C’est une lecture très prenante, qui se dévore plus qu’il ne se lit. Un très bon divertissement, une fois de plus !


28 oct. 2016

L'âge du Feu - Tome 3 : Dragon Banni







Auteur : E. E. Knight
Editeur : Bragelonne / Milady
Traduction : Jean-Baptiste Bernet 










Couverture :
Pfiou, un home-run de plus pour cette série aux couvertures assez dingues ! Le Cuivré est sauvage et féroce,  les couleurs posent une ambiance souterraine presque oppressante. J’aime d’autant plus cette couverture que c’est en voyant ce tome en rayon à la librairie que j’ai eu envie de découvrir cette série.

Résumé :
À peine sorti de l’oeuf, le jeune dragon cuivré échoue dans le combat qui l’oppose à son frère pour devenir champion de la nichée. Privé de nom, abandonné par ses parents, il est obligé de s’exiler… et tombe entre les mains de nains appâtés par l’or. Afin de sauver sa propre vie, il n’hésite pas : il trahit ceux qui l’ont rejeté. Et il paiera pour cela un prix qu’il n’aurait jamais pu imaginer, tandis que commence pour lui un incroyable périple, à la recherche des derniers dragons encore en liberté et, peut-être, d’une nouvelle famille.

Avis :
Après deux tomes plaisants malgré quelques problèmes de rythme, j’avoue avoir été agréablement surprise par ce troisième épisode.

Celui-ci place le Cuivré - troisième dragon survivant de la fratrie d’Auron - au centre de l’histoire. Et pour lui, tout commence mal et rien ne s’arrange… J’ai trouvé ce tome plus dur et violent que les précédents tant le héros est souvent en mauvaise posture. J’ai eu peur pour lui plusieurs fois, d’autant plus que les séquelles des combats sont visibles et importantes… Le Cuivré va de Charybde en Scylla tout au long de l’histoire ! Mépris des siens, peuples hostiles, guerre… Tout. Tout y passe, et le pauvre dragonnet se retrouve au coeur de tout ceci. Au final, j’ai trouvé ce tome mieux rythmé que les deux précédents, plus haletant.

J’ai également apprécié que le Cuivré aie un parcours très différent de ceux de Wistala et Auron. Cette différence est développée, cultivée tout au long du récit. Cela permet de découvrir tout un nouveau pan du monde, loin des peuples hominidés. J’ai vraiment apprécié cet aspect, comme si tout un autre univers était dévoilé, au delà du premier. Ce tome a vraiment confirmé et relancé mon intérêt pour cette série alors que je craignais de m’ennuyer comme dans le second tome.

J’ai eu aussi l’impression que ce tome permettait de mieux faire comprendre au lecteur que des événements de grande ampleur se mettent en place, que l’intrigue ira au delà du simple récit de vengeance. La conclusion en particulier laisse imaginé un futur mouvementé que j’ai hâte de découvrir.

Et puis j’ai aimé retrouver le style efficace de l’auteur, fluide et addictif. Il sait emmener le lecteur dans son monde et faire croire à ses elfes et ses dragons. J’aime cette aisance et sa façon d’amener les évènements.

Ce dernier tome a vraiment relancé mon enthousiasme pour cette série après un second tome un peu faible. A mes yeux, c’est clairement le meilleur volume de cette série pour l’instant,  de part son côté plus violent, où les conséquences sont bien plus lourdes tandis que l’intrigue semble enfin prête à vraiment prendre de l’ampleur !

Personnage préféré :
La palme va encore une fois revenir au héros de l’histoire. Le Cuivré est très différent de Wistala et Auron. Plus discret mais au moins aussi malin, il enchaîne les situations difficiles avec une combativité incroyable et chaque fois, il en ressort plus fort. Il change, et j’ai beaucoup aimé le voir évoluer malgré ses difficultés physiques et le mépris des autres dragons. Ses différences sont ses forces, et ça, c’est la classe !




Ce tome est plus violent que les deux premiers et semble enfin mettre en place une intrigue de plus grande ampleur. La combativité du héros force l’admiration, malgré les injustices qu’il subit tout au long du livre. De cette série, c’est le tome qui m’a le plus tenu en haleine après un tome 2 qui m’avait semblé un peu mou par moments.

4 août 2016

Les talons hauts rapprochent les filles du ciel






Auteur : Olivier Gay
Éditeur : Le Masque
Format : Broché


 






Couverture :
Sans la trouver exceptionnelle, j’aime bien cette ouverture. Le noir et blanc, le mur un peu miteux et le sachet de plastique autour de la chaussure mettent tout de suite en place une ambiance plutôt alléchante. Ça donne envie de lire ! C’est une image qui raconte une petite histoire de façon assez percutante et qui aide à se donner une idée du contenu du livre. Et dans mon cas, ça a bien fonctionné ! Bon, il y a juste le gros bandeau rouge qu'on ne peut pas enlever qui me chiffonne un peu. Mais y a un jeu de mot, alors ça passe.

Avis :
Cela faisait quelques temps que je n’avais plus lu de romans policiers, au moins 7 ou 8 ans. Cette lecture était donc l’occasion de renouer avec un genre que je n’avais pas touché depuis longtemps !

Bien que l’intrigue ne semble pas d’une folle originalité (un tueur en série qui s’en prend à de jolies jeunes femmes, un héros enquêteur malgré lui…), l’intérêt du roman se situe bien ailleurs. En effet, autour d’une affaire assez classique, l’auteur sait développer un univers à l’ambiance et à l’identité propre que j’ai vraiment apprécié.

Je me suis retrouvée plongée au cœur de la vie nocturne de Paris. D’un coup, cette ville m’a semblé bien différente de la ville grise et moche qu’on pourrait imaginer ! L’auteur livre au lecteur une ville et des lieux hauts en couleurs, flamboyants et festifs. Drogue et alcool y coulent à flot tant et si bien que j’en suis venue à confondre Paris et Las Vegas ! Même si on y reconnaît bien la capitale, c’était une vraie surprise de la voir ainsi, différente, agrémentée d’un nouveau charme… J’ai vraiment aimé redécouvrir la ville de cette façon.

Ajoutons à cette ambiance ‘jet-set’ une bonne dose d’humour, de cynisme ou d’autodérision et voilà un roman à l’identité très forte qui m’a vraiment plu. Les pages se tournent toute seules et malgré la gravité de l’enquête, je n’ai pas pu m’empêcher de rire et sourire durant ces plongées dans les nuits parisiennes.

Il faut dire aussi que le héros, Fitz, se prête assez bien au jeu : Petit dealer fier de sa “belle gueule” (je cite), il porte pourtant un regard assez cynique sur le monde dans lequel il évolue. J’ai trouvé ce personnage très intéressant pour ses différentes facettes qu’il révèle au fil de l’histoire. Le lecteur n’est pas mis face à un héros qui supportera les visions d’horreur de corps mutilés pour ensuite rendre la Justice. Oh que non. Les évènements pèsent leur poids sur Fitz d’une façon que j’ai trouvé très réaliste et très prenante. J’ai eu peur avec lui, j’ai compris son malaise et ses craintes face à une affaire qu’il n’a jamais vraiment été préparé à affronter. Une partie du livre est même consacrée à nous montrer comment un petit trafiquant de drogue sans ‘histoires’ parvient (ou pas) à supporter ce poids. On découvre vite que Fitz est bien plus humain qu’il ne veut le faire croire ! Ces fragilités m’ont vraiment beaucoup aidé à me sentir plus proche de lui et à m’attacher au personnage.

On pourrait presque en dire autant su l’assassin. Même si je me suis assez vite douté de son identité, ce n’est pas possible d’ignorer les révélations finales sur l’affaire. J’en suis venue à me demander à quel point cet assassin est vraiment coupable, qui est vraiment le monstre, dans tout ça ? Voilà le genre de questions que je me suis posé. Je n’ai pas eu envie de haïr le coupable… Cette conclusion a presque été un dilemme moral, pour moi !

Personnage préféré :
Moussah et Deborah étaient efficaces et sympathiques comme personnages secondaires, mais la palme revient vraiment à Fitz, qu’on apprends à connaître au fil des pages. D’un petit dealer lâche et sans ambition, on passe à un individu à part entière, avec ses faiblesses et ses peurs… Et un humour parfois bien décapant qui s’intègre très bien au récit ! Loin du flic blasé et alcoolique issu des films noirs, on a là un autre type d'antihéros que j’ai trouvé très attachant et très bien présenté.




Même si l’intrigue peut paraître un peu linéaire et manquer de rebondissements, Olivier Gay sait donner une vraie atmosphère à son récit et une vraie personnalité à ses personnages. De l’humour et un style efficace soulignent le tout pour faire de ce polar une lecture que je recommande à tous.