7 avr. 2016

Les Rhéteurs : Anasterry







Auteur : I. S. Bauthian
Editeur : Label Bad Wolf
Format : Broché










Couverture : 
J’aime bien la sobriété de l’illustration et la simplicité de l’ensemble. C’est efficace et même si le vert n’est pas forcément ma couleur favorite, le résultat est sympa. Et puis c’est assorti à la couverture des Poisons de Katharz, ça fera bien dans ma bibliothèque !

Résumé :
Rien ne saurait ébranler Anasterry, la plus riche, intellectuelle et libertaire baronnie de Civilisation, qui place la maîtrise de soi au rang de vertu suprême. Rien… sauf peut-être un défi de gamins.
Quand Renaldo, fils du baron de Montès, et son meilleur ami Thélban Acremont, entreprennent, pour séduire une jeune fille, de trouver la faille de cette utopie, ils ignorent qu’ils vont déterrer de sombres secrets. Et les secrets des puissants ne leur appartiennent pas.
Quels sont ces monstres découverts dans les marais ? En quoi sont-ils liés à la tolérance d’Anasterry pour ces mi-hommes que, partout ailleurs, on opprime jusqu’à les réduire en esclavage ? Après trente ans de paix, Civilisation risque-t-elle d’être si facilement bouleversée ? Pour réparer ses erreurs, Renaldo va devoir choisir entre son patriotisme, sa fidélité amicale, ses idéaux héroïques et ses simples responsabilités d’homme libre.
Une aventure de dark fantasy politique et sensible, portée par des personnages d’une grande humanité

Avis :
J’ai commencé Anasterry en étant assez intriguée par le résumé, par la promesse de personnages humains et d’intrigues politiques... Ce petit résumé n’était pas menteur!

Question politique, elle est omniprésente, mais n’en attendez pas des discussions barbantes sur des lois obscures des baronnies ! Là, on parle de sujets plus universels, de la société en général et de la place de chacun en son sein, de discrimination et d’acceptation. Et franchement, parfois, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que nous ferions bien de nous inspirer de la baronnie d’Anasterry sur certains points. Mais quoi qu’il en soit, les protagonistes ont le débat facile mais leurs conversations ne sont jamais lourdes, au contraire. Ces débats constituent en partie le cœur de l’intrigue puisque, en plus de permettre de développer les personnages et leurs relations, elles constituent le fil directeur de l’enquête dans laquelle se lancent Renaldo et Thelban. 
Et puis il faut avouer que leurs discussions sont très bien écrites et croustillantes, carrément jouissives dans certains cas (Bien fait pour toi, poète de pacotille). J’aime beaucoup qu’un livre puisse ainsi proposer aux lecteurs qui le désirent d’aller un plus loin, de faire le parallèle avec le monde réel, tout en s’intégrant très bien à l’histoire.

Et bien sûr, qui dit politique dit complot. Là encore, on est plutôt bien servi, en tant que lecteur ! Au fil de l’histoire, on découvre une étrangeté qui conduira à une autre, et on déroule la pelote de laine des événements. J’ai été très vite prise dans l’intrigue qui démarre sans que l’on ne s’en aperçoive vraiment. Je n’ai jamais pu réussir à deviner ce qu’il se tramait et me suis sentie à peu près aussi perdue que Renaldo, je crois. C'était comme si le livre me menait par le bout du nez et que je n’avais d’autre choix que de le suivre. Mais l’avantage de ne pouvoir rien deviner, c’est que les révélations n’en ont que plus d’impact..!

D’ailleurs, puisque je parlais de Renaldo, j’ai trouvé que bien qu’étant le personnage principal de l’histoire, il a un rôle assez particulier : Loin d’être un héros omnipotent, il est littéralement pris dans les complots autour de lui. Cela lui donne peut-être un côté un peu passif, plus observateur que pas mal de héros (quoi qu’on puisse discuter ce point, puisqu’il est à l’initiative de beaucoup d'événements malgré tout). Mais à la fin, il est difficile de savoir à quel moment il a réellement agi de son propre chef, à quel point ses actions ont été prévues ? C’est un peu flou, et c’est loin d’être un défaut : j’ai vraiment eu l’impression d’être moi aussi prisonnière des manigances des autres et de ne pas pouvoir en sortir.

Que Renaldo reste un peu en retrait permet aussi à l’auteure d'approfondir beaucoup les relations entre les personnages. Le trio formé de Renaldo, Thelban et Constance est vraiment efficace, avec une bonne dynamique de groupe. J’ai tout particulièrement trouvé la relation entre Renaldo et Thelban très bien décrite, me rappelant même certaines prises de becs que j’ai pu avoir avec certains de mes meilleurs amis. Il y a une vraie alchimie entre eux deux, les rendant vraiment attachants et crédibles. Constance n’est pas en reste, mais la complicité et la sincérité qui règne entre les deux jeunes héritiers m’a vraiment beaucoup plu. Rien que pour cette relation décrite avec beaucoup de justesse, je recommande ce livre.

Je regrette juste un peu que la fin du livre m’ait un peu laissé sur ma fin. La conclusion ouvre beaucoup de pistes sur l’avenir des baronnies mais je n’ai pas vraiment eu l’impression d’un vrai ‘suspens’ qui m’aurait tenue en haleine en attendant le tome suivant (en cours d’écriture). Ceci-dit, assez de questions restent sans réponse pour que cette suite ait un gros potentiel. Je sais déjà que je la lirai avec enthousiasme, ne serait-ce que pour retrouver des personnages aussi intéressants.

Personnage préféré :
J’ai un peu (beaucoup ?) craqué sur Constance, cette fois-ci. J’aime son caractère bien affirmé et sa passion pour les causes de sa baronnie. Elle se donne à fond, et ça me plaît. Et puis elle est débrouillarde, intelligente et dévouée (peut-être un peu trop). Bref, elle est top niveau, avec un vrai développement qui fait d’elle BIEN PLUS que juste “la fille” du groupe. D’ailleurs… A ce sujet, je me suis complètement fait avoir par l’auteure qui a assez bien joué avec un gros cliché qui m’énerve pour que je tombe complètement dans le piège. Quand je disais que ce bouquin m’avait menée par le bout du nez..! J’aurais pourtant dû me méfier, puisque cet éditeur ne publie que des livres garantis sans sexisme, et purée ce que ça fait du bien !!! Vraiment, ça me réchauffe vraiment le cœur de rencontrer des personnages comme Constance, bien construits et affirmés, et de ne pas être déçue.  Les voir s’épanouir vraiment au lieu de les faire tomber dans les cases du “rôle romantique bateau”, c’est rafraichissant.



Même si j’ai trouvé la conclusion un peu en dessous du reste de l’histoire, Les Rhéteurs - Anasterry est basé sur une intrigue solide, complexe et bien construite qui m’a baladée par le bout du nez tout au long du récit. Les personnages et leurs relations sont un gros point fort de ce roman car elles sont décrites avec justesse et humanité.

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